Poème à partir de « Chanson de l’oiseleur » – J.Prévert

Hirondelle à tire d’ailes

Quand tu reviens

Le printemps n’est pas loin

Un autre printemps sans elle

Hirondelle à tire d’elle

Toujours je me souviens

De l’instant où elle s’en est allée au loin

Hirondelle à tire d’ailes

Quand son cœur s’est éteint

Je tenais sa main

Dernier battement d’elle

Inscrit sur la paume de ma main

 

Hirondelle à tire d’ailes

Les soirs d’été tu te désaltères à l’eau du bassin

Frôlant l’onde à la surface

Telle au-dessus de mon cœur la caresse du chagrin

Son absence que rien n’efface

 

Hirondelle à tire d’aile

Au temps du raisin, des mûres et du noisetier

Au loin tu t’apprêtes à t’envoler

Hirondelle à tire d’elle

Emporte avec toi mon cœur blessé

Quand tu reviendras à la saison nouvelle

A tire d’elle

Reviens me parler d’elle

 

(Chanson de l’oiseleur

L’oiseau qui vole si doucement
L’oiseau rouge et tiède comme le sang
L’oiseau si tendre l’oiseau moqueur
L’oiseau qui soudain prend peur
L’oiseau qui soudain se cogne
L’oiseau qui voudrait s’enfuir
L’oiseau seul et affolé
L’oiseau qui voudrait vivre
L’oiseau qui voudrait chanter
L’oiseau qui voudrait crier
L’oiseau rouge et tiède comme le sang
L’oiseau qui vole si doucement
C’est ton cœur jolie enfant
Ton cœur qui bat de l’aile si tristement
Contre ton sein si dur si blanc.)