Oiseaux – Fragments

Petit serin dans sa cage protégé

Habitacle artisanal de fil et de bois

Sur le rebord de la fenêtre posé

Raminagrobis patte de velours et œil aux abois

D’un saut de félin fit basculer la cage

Du serin fini le plumage et le ramage

Sous mon regard d’enfant d’impuissance et d’effroi

Devant un tel saccage, englouti, l’oiseau de passage

 

De la nuit tombée au petit jour

Dans l’obscurité bleutée de l’été

Le rossignol berce mes songes

Trilles mélodieux, généreux

Ma tête sur l’oreiller et mes rêves heureux

 

La forêt au printemps

Feuillus vert tendre, prairie de boutons d’or

Vie nouvelle, et peut être jour de chance

Au chant du coucou, ma fortune serait faite

Si dans ma poche se trouvait quelque argent

 

Les pigeons du square

Gris pouilleux, déplumés, pattes cassées

Les quatre heures des enfants viennent picorer

A coup de pieds par les mamans sont dégagés

Ou effrayés par les bambins qui veulent les attraper

 

L’oiseau du pot de sel Cérébos

Pourchassé par le petit garçon

Qui sur sa queue du sel veut déposer

Cela empêcherait-il l’oiseau de voler ?

Méchanceté enfantine ou scientifique expérience ?

 

Quand la buse fut venue

Perchée sur la clôture

Puis prenant son envol

Tournoyant au-dessus de la pâture

Piquant net vers le sol

Pour le mulot, terminée la farandole