SAISONS

L’écume s’échouant sur la plage, le vent frémissant dans les vagues, ma peau picotée par le sable, l’air chaud emmêlant mes cheveux, les cris des enfants portés par le vent. Le soleil brunissant mon corps alangui. Palpitations de l’été.

L’été s’enfuit, la chaleur se calme, les teintes rousses, cuivres de l’automne ; dans les sous-bois, les odeurs de terre mouillée, de mousse et de décomposition. Mon cœur frémit entre la flamboyance des arbres et l’éloignement furtif de la lumière. Déjà la brume habille le matin, des flaques d’eau parcourent le chemin, l’air mouillé tombe sur mes épaules. Ma vie s’échappe dans le brouillard des mois sombres.

Funeste temps de Noël, brefs instants de jour qui lentement gagnent sur l’obscurité, pan de clarté après pan de clarté. Pas à pas, continuer d’avancer au milieu de ce décor noir et blanc, paysage à la Soulages, arbres nus et heures grises. Tenir.

Tenir jusqu’au vent fougueux de mars, chargé de pluie et de bourgeons, ouvrant le ciel aux rayons doux d’un soleil nouveau. Fouler, pieds nus, l’herbe menue* ; la vigueur de la terre, grasse et généreuse, se propageant dans mon corps. Une sève de lumière et d’eau se déploie, de branche en branche, de tige en tige. Tapis jaune jonquille, bouquets rouge pivoine et blanc lilas. Mes journées glissent vers un horizon vert vaillant et bleu limpide.

Aller au chemin creux, bordé de cerisiers en fleurs et d’aubépine sauvage. M’étourdir à la senteur de foin coupé, promesse parfumée de l’été.

*D’après un vers de « Sensation » Arthur Rimbaud

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