Le pastiche – A la manière de…

Ecrire sur le mode du pastiche

A la manière de Raymond Queneau. 99 manières d’écrire la même histoire.

Notations

8 heures du matin.

Le marché bourdonne. Le cri des maraîchers fait écho à la conversation des clients. Les tomates luisent sur les étals, s’offrant aux clients avides. Une grande femme brune au manteau rouge et à la voix de stentor, négocie âprement le prix du kilo. Sa stature imposante écrase le pauvre petit marchand haut comme trois pommes et à la voix fluette. Mais tout à coup, je entends l’homme dire avec fermeté « Madame, c’est à prendre ou à laisser, je ne suis pas un marchand de tapis ! »

 

En partie double

L’horloge sonne 8 heures, c’est l’heure du café au comptoir.

Marchands et clients s’exclament et s’écrient, produisant un ronron continu, un bruit diffus  qui n’en finit pas. Des tomates, de jolis légumes rougeoyants, brillent et scintillent, vêtus de leurs plus beaux atours, de leurs robes écarlates, pour faire de l’œil aux clients, attirer l’attention des gourmands.

Une mégère de haute taille, issue de ce que l’on appelait autrefois le sexe faible, aux cheveux de jais, belle chevelure d’ébène, crie et vocifère pour obtenir le meilleur prix, pour payer à moindre coût les légumes cramoisis.

Du haut de son mètre 80, dépassant tout le monde d’une tête, elle domine et écrase le maraîcher, modeste vendeur de primeurs. Le petit homme, chétif et malingre, émet de sa voix fluette, de ses cordes vocales si fragiles, quelques protestations. Des contestations.

Soudain, de toute la force de ses poumons, il prononce et profère les mots suivants « Madame, chère Madame, voici le prix. L’argent qu’il vous en coûtera. Je ne suis pas un marchand de tapis, un négociateur du dimanche. C’est le prix et voilà tout ! »

 

Litotes

Au marché. 8 heures.

Une cliente, grande et exubérante, ordonne au vendeur de lui céder des tomates à prix bas. Il se rebiffe et l’envoie promener.

 

Rétrograde

« Madame, le prix, c’est le prix. Un point c’est tout ! »

La femme à la voix de stentor exigeait quasiment du marchand qu’il lui cédât les tomates pour un petit prix.

Les tomates trônaient sur leur étal, rutilantes, tandis-que le bourdonnement des conversations résonnait sous la halle. C’était l’heure du premier café du matin.