FRAGMENTS DE LIBERTÉ

 

Ma sœur,

 

Ma sœur d’ailleurs, ma sœur de cœur, ils ont pris ton bonheur. Ta douleur est muette, tu hurles à l’intérieur.  Triste ombre sans couleurs, ton linceul grillagé ne montre que tes yeux. Sont-ils verts, sont-ils bleus? J’y vois ta peur, tes pleurs.

Je ne peux rien.

 

 

Ma sœur d’ici, ma sœur de cœur, il vole ton bonheur, sa fureur te séquestre. Sur ton corps meurtri, ses coups font des fleurs bleues que tu camoufles au mieux.

Sous ton sourire las, je n’ai pas vu ta peur, tes pleurs.

J’aurais pu.

 

                         –  –  –

 

 

Parfois filet, torrent, cascade.

Parfois fontaine, source, gave.

Elle sautille, rugit, chantonne, caracole.

Si tu veux la dompter, elle s’emporte, elle déborde.

 

 

Petit, déplace ces galets !

L’eau des montagnes est libre.

Comme toi, elle trouvera sa route.

 

 

Béatrice

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